Info-Vins de Bordeaux
LES
PREMIERS MILLÉSIMES
DU 21ème SIÈCLE
Le Millésime 2000 en primeur
- C'est sûr, le voilà LE millésime du siècle !
Soyons un peu plus nuancés. L'année a été difficile pour
beaucoup, en raison de l'humidité - un temps chaud et lourd - qui, d'avril à juillet, a
fait craindre le pire... jusqu'à l'arrière-saison presque trop ensoleillée, les ceps
assoiffés par la grande sécheresse.
Mais finalement c'est une belle, une très belle année avec des réussites
exceptionnelles.
- La couleur : des rouges sombres, intenses.
- Les tanins sont également très présents, à la fois riches et souples. La parfaite
maturité des raisins donne cette sensation de velouté propre aux très grandes années.
- Les vins sont plutôt tendres, mais avec une structure qui annonce une longévité
remarquable.
Dans le Médoc, PAUILLAC connaît de très belles réussites mais la palme revient sans
conteste aux crus de l'appellation MARGAUX. Et certains crus bourgeois du HAUT-MEDOC n'ont pas à rougir de la
confrontation.
Sur la rive droite, lorsque les merlots ont échappé au risque de surmaturation, on aura
également de très beaux vins, essentiellement à POMEROL. Il y a plus de contrastes à
SAINT-éMILION.
Fronsac, Côtes de Castillon, toujours dans la voie ascendante.
Les avis sont plus partagés pour les SAUTERNES, où la "pourriture noble" n'a
pas toujours pu se développer. Certains disent que l'année est moyenne ; d'autres
parlent de grande année et de... grands prix ! Faut voir...
10 mai 2001
Une
question : Comment constituer sa cave "2000" ? |
5 septembre 2001

Le Millésime 2001 dégusté par J.-M. Quarin
en cours d'élevage en fûts
Impressions des dégustations des 2001
entre janvier et mars 2003
Graves de Pessac-Léognan et du Sud.
Vins rouges. De belles couleurs, des nez trop
discrets, une présence en bouche satisfaisante à
l'attaque et au milieu mais des finales simples voire
courtes. Les Graves du Sud possèdent un caractère "calcaire", absent dans les Pessac-Léognan.
De
spectaculaires et anachroniques réussites se font jour, d'un niveau égal voire
supérieur à 2000,
-
Haut-Bergey rouge, Clos
Floridène rouge, Branon, Haut-Bailly, Pape Clément.
Vins blancs secs. Peu de
goût dans les blancs 2001.
Les 2001 possèdent
plus d'acidité que les 2000 mais n'ont ni
un meilleur goût, ni une meilleure harmonie..
Bien sûr des exceptions existent. Smith-Haut-Latitte
et Hauts de Smith, Le Sillage de
Malartic, Du Tourte
et Haut-Gardère sont
meilleurs en 2001 qu'en
2000.
Vignobles
du Médoc.
Dans une
certaine mesure, le petit rendement de l'année
a compensé l'absence de saveurs du millésime sans pour autant surclasser l'année.
Margaux.
Année moyenne. Proportionnellement Palmer et Brane Cantenac ont
mieux réussi que Château
Margaux.
Le
millésime est simple sur les appellations Médoc,
Haut-Médoc et Listrac. Plutôt attirants en entrée de
bouche, les vins manquent de consistance et finissent simplement. Le
millésime est plus réussi à PessacLéognan.
Saint-Julien.
Les
vins sont plus taniques qu'à Margaux et à PessacLéognan.
Ils vieilliront plus longtemps. Pour la première fois, Beychevelle
était meilleur que Branaire.
Pauillac.
Les 2001 apparaissent plus simples que les 99. Ils
ont de belles couleurs mais des
nez pauvres, des bouches diluées et des finales courtes.
Saint-Estèphe. Quelque
chose de très favorable s'est passé dans cette
appellation en 2001. Beaucoup de vins aux tanins parfois rudes en 2000 présentent des 2001 plus raffinés.
Montrose
domine, Cos est revenu
à un bon niveau. Dans les crus bourgeois, HautMarbuzet et Ségur de Cabanac sont
brillants.
Saint-émilion.
Très belle série dans les Premiers Grands Crus Classés à l'exception de La
Gaffelière. Partout ailleurs, trop souvent la mauvaise surprise vient des vins qui sèchent en finale. Ils ont
été élevés trop longtemps ou pas assez soigneusement et tant de négligences
me donnent des sueurs froides ! Tous
les vins suivis par Denis Dubourdieu
sont impeccables. Dans l'ensemble, le merlot
me semble avoir très bien réussi sur les sols calcaires. Il possède
une belle fraîcheur (La
Mondotte, Berliquet, Magdelaine, Franc-Mayne,
Laroque).
Pomerol.
Les 2001 sont étonnants. Ils ne possèdent pas une grande consistance
mais leur rondeur, leur absence de verdeur et de dureté les rendent charmeurs
Fronsac
ne profite pas du succès de la rive droite. Les vins
sont simples en 2001. Cassagne Haut-Canon est
le cru dont j'ai remonté
le plus la note.
Sauternes et Barsac. 2001 n'est pas le grand millésime que certains
ont voulu annoncer. Les vins restent inférieurs aux 97 mais supérieurs
aux 2000. Ce millésime voit le retour dans le haut niveau du
château D'Arche et du château De
Malle. Ces deux crus confirment
tous deux la très bonne note attribuée en prime.

Le
Millésime 2002 dégusté en
primeur
par J.-M. Quarin
Pomerol : moyen. Les
2001 sont supérieurs... Saint-émilion
moyen. Les 2001 sont supérieurs...
Médoc :
bon à excellent. Les 2001 sont inférieurs. Pessac-Léognan : bon à excellent. Les 2001 sont inférieurs sauf à Haut Bergey, Pape Clément et Branon, tous trois exceptionnellement réussis en 2001.
blancs
secs :
bons à très bons, belle réussite du sauvignon plus que du sémillon. Goût plus savoureux, moins acide et plus mûr que les 2001 qui m'ont déçu en fin d'élevage.
blancs liquoreux :
bons à très bons, généralement inférieurs à 2001, une exception pour l'instant :Château
Guiraud.
Le
style des vins rouges
Partout les couleurs sont très belles. Jamais vues aussi intenses et pourpres en primeur. Tous les cépages possèdent une grande
richesse alcoolique. Les acidités sont bonnes et ne manquent pas dans l'équilibre.
Les
merlots, souvent vendangés trop tard avec une peau flétrie et une saveur rappelant la prune à l'eau-de-vie, voire le pruneau.
Dans l'ensemble, le cabernet franc, le cabernet sauvignon et le petit
verdot possédaient plus de goût. Les nez manquent malheureusement
d'intensité et de complexité.
En bouche, il existe partout des vins manquant de corps ou à l'inverse marqués par des tanins trop durs.
_________________________
Rive droite, le merlot n'offre pas l'ampleur attendue. Peu savoureux, peu aromatique, sauf sur les raisins vendangés avant surmaturité. Dans l'ensemble, les persistances restent moyennes.
Rive
gauche. De gros degrés d'alcool assouplissent
l'entrée en bouche. Parfois elle apparaît
franchement visqueuse.
Le plus
souvent quelque chose manque à ce millésime
en cœur de dégustation. Un je-ne-sais-quoi,
presque rien qui ferait la différence. Mais attention, mêmes
perceptions générales dans le descriptif des 96 en
primeur. Beaucoup de Pessac-Léognan
ne présentent pas cette sensation de vide. Ils séduisent d'emblée par leurs
bonnes proportions.
En finale, 2002 montre franchement sa supériorité dans le Médoc et dans
les Graves comparativement à Fronsac, Pomerol et Saint-émilion aucun
caractère anguleux ou végétal ne vient assombrir un toucher de bouche toujours caressant, voire gras. Il s'agit d'une perception remarquable,
signe de potentialités évidentes.
Le style des
vins blancs liquoreux
Pas de
Botrytis bien développé à Sauternes-Barsac avant la fin
septembre. Château Guiraud représentant une exception.
Issus d'un millésime sec, la plupart des vins présente donc une grande netteté aromatique et des goûts francs. Pour autant le style du
millésime n'est pas botrytisé, mais plutôt
passerillé (concentration par
chaleur uniquement).
Les lots vendangés après le 19 octobre ne jouissent pas de la pureté aromatique des lots vendangés plus tôt.
Ainsi le millésime
2002 à Sauternes-Barsac se rapproche
plutôt des millésimes ensoleillés mais secs, soit 1978, 1985 voire 1995,
que des millésimes extrêmement typiques de
l'expression de la pourriture noble tels 1986,
1989, 1990, 1996 et 1997.
d'après les CARNETSde DÉGUSTATIONS N, 39 - 40 de J.-M. QUARIN
(à suivre)