Info-Vins de Bordeaux

sauvignon.jpg (8549 octets)LES PREMIERS MILLÉSIMES 
 DU   21ème  SIÈCLE 

2000

2001

2002

 

 Le  Millésime 2000 en primeur

                         - C'est sûr, le voilà LE  millésime du siècle !



 Soyons un peu plus nuancés. L'année a été difficile pour beaucoup, en raison de l'humidité - un temps chaud et lourd - qui, d'avril à juillet, a fait craindre le pire... jusqu'à l'arrière-saison presque trop ensoleillée, les ceps assoiffés par la grande sécheresse.

Mais finalement c'est une belle, une très belle année avec des réussites exceptionnelles.
- La couleur : des rouges sombres, intenses.
- Les tanins sont également très présents, à la fois riches et souples. La parfaite maturité des raisins donne cette sensation de velouté propre aux très grandes années.
- Les vins sont plutôt tendres, mais avec une structure qui annonce une longévité remarquable.

Dans le Médoc, PAUILLAC connaît de très belles réussites mais la palme revient sans conteste aux crus de l'appellation
MARGAUX. Et certains crus bourgeois du HAUT-MEDOC n'ont pas à rougir de la confrontation.

Sur la rive droite, lorsque les merlots ont échappé au risque de surmaturation, on aura également de très beaux vins, essentiellement à POMEROL. Il y a plus de contrastes à SAINT-éMILION.
Fronsac, Côtes de Castillon, toujours dans la voie ascendante.

Les avis sont plus partagés pour les SAUTERNES, où la "pourriture noble" n'a pas toujours pu se développer. Certains disent que l'année est moyenne ; d'autres parlent de grande année et de... grands prix !  Faut voir...

10 mai 2001                                                         

Une question : Comment constituer sa cave "2000" ?

Tout d'abord le fond de cave,
- quelques caisses bien choisies dans l'Appellation
Haut-Médoc

Viendraient ensuite des Margaux,
- Difficile de faire un choix entre
les Châteaux Labégorce-Zédé, Marquis-de-Terme et Durfort-Vivens.
Une solution : ne pas choisir, réserver un peu de chaque !
Bien sûr, mais depuis longtemps Château
Giscours n'avait atteint une telle splendeur

- A Pauillac, on pourrait s'arrêter sur le
Château Duhart-Milon, sans rater quelques bouteilles de Saint-Julien, Château Lagrange

- ...Mais il serait dommage de ne pas se réserver une caisse ou 2 de Moulis,Château Poujeaux..... 

                    5 septembre 2001

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Le  Millésime 2001  dégusté  par J.-M. Quarin 
en cours d'élevage en fûts

Impressions des dégustations des 2001
entre janvier et mars 2003

Graves de Pessac-Léognan et du Sud.

Vins rouges. De belles couleurs, des nez trop discrets, une présen­ce en bouche satisfaisante à l'attaque et au milieu mais des finales simples voire courtes. Les Graves du Sud possèdent un caractère "calcaire", absent dans les Pessac-Léognan.

De spectaculaires et anachroniques réussites se font jour, d'un niveau égal voire supé­rieur à 2000,   - Haut-Bergey rouge, Clos Floridène rouge, Branon, Haut-Bailly, Pape Clément.

Vins blancs secs. Peu de goût dans les blancs 2001.

Les 2001 possèdent plus d'acidité que les 2000 mais n'ont ni un meilleur goût, ni une meilleure harmonie.. Bien sûr des exceptions existent. Smith-Haut-Latitte et Hauts de Smith, Le Sillage de Malartic, Du Tourte et Haut-Gardère sont meilleurs en 2001 qu'en 2000.

Vignobles du Médoc.

 Dans une certaine mesure, le petit rendement de l'année a compensé l'absence de saveurs du millésime sans pour autant surclasser l'année.

Margaux. Année moyenne. Proportionnellement Palmer et Brane Cantenac ont mieux réussi que Château Margaux.

 Le millésime est simple sur les appellations Médoc, Haut-Médoc et Listrac. Plutôt attirants en entrée de bouche, les vins manquent de consis­tance et finissent simplement. Le millésime est plus réussi à Pessac­Léognan.

Saint-Julien. Les vins sont plus taniques qu'à Margaux et à Pessac­Léognan. Ils vieilliront plus longtemps. Pour la première fois, Beychevelle était meilleur que Branaire.

Pauillac. Les 2001 apparaissent plus simples que les 99. Ils ont de belles couleurs mais des nez pauvres, des bouches diluées et des finales courtes.

Saint-Estèphe. Quelque chose de très favorable s'est passé dans cette appellation en 2001. Beaucoup de vins aux tanins parfois rudes en 2000 présentent des 2001 plus raffinés.
 Montrose
domine, Cos est revenu à un bon niveau. Dans les crus bourgeois, Haut­Marbuzet et Ségur de Cabanac
sont brillants.

Saint-émilion. Très belle série dans les Premiers Grands Crus Classés à l'exception de La Gaffelière. Partout ailleurs, trop sou­vent la mauvaise surprise vient des vins qui sèchent en finale. Ils ont été élevés trop longtemps ou pas assez soigneusement et tant de négligences me donnent des sueurs froides ! Tous les vins suivis par Denis Dubourdieu sont impeccables. Dans l'ensemble, le merlot me semble avoir très bien réussi sur les sols calcaires. Il possè­de une belle fraîcheur (La Mondotte, Berliquet, Magdelaine, Franc-Mayne, Laroque).

Pomerol. Les 2001 sont étonnants. Ils ne possèdent pas une grande consistance mais leur rondeur, leur absence de verdeur et de dureté les rendent charmeurs

Fronsac ne profite pas du succès de la rive droite. Les vins sont simples en 2001. Cassagne Haut-Canon est le cru dont j'ai remon­té le plus la note.

 

Sauternes et Barsac. 2001 n'est pas le grand millésime que cer­tains ont voulu annoncer. Les vins restent inférieurs aux 97 mais supérieurs aux 2000. Ce millésime voit le retour dans le haut niveau du château D'Arche et du château De Malle. Ces deux crus confir­ment tous deux la très bonne note attribuée en prime.                                                            

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Le  Millésime 2002 dégusté en primeur 
par J.-M. Quarin

Selon les appellations

 Pomerol : moyen. Les 2001 sont supérieurs... Saint-émilion moyen. Les 2001 sont supérieurs...

Médoc : bon à excellent. Les 2001 sont inférieurs. Pessac-Léognan : bon à excellent. Les 2001 sont inférieurs sauf à Haut Bergey, Pape Clément et Branon, tous trois exceptionnellement réussis en 2001.

blancs secs : bons à très bons, belle réussite du sauvignon plus que du sémillon. Goût plus savoureux, moins acide et plus mûr que les 2001 qui m'ont déçu en fin d'élevage.

blancs liquoreux : bons à très bons, généralement inférieurs à 2001, une exception pour l'instant :Château Guiraud.

 

Le style des vins rouges

Partout les couleurs sont très belles. Jamais vues aussi intenses et pourpres en primeur. Tous les cépages possèdent une grande richesse alcoolique. Les acidités sont bonnes et ne manquent pas dans l'équilibre.

 Les merlots, souvent vendangés trop tard avec une peau flétrie et une saveur rappelant la prune à l'eau-de-vie, voire le pruneau.

Dans l'ensemble, le cabernet franc, le cabernet sauvignon et le petit verdot possédaient plus de goût. Les nez man­quent malheureusement d'intensité et de complexité. Pessac-Léognan représente en la matière une exception.

En bouche, il existe partout des vins manquant de corps ou à l'inverse marqués par des tanins trop durs. Donc, beaucoup de crus déçoivent.

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Rive droite, le merlot n'offre pas l'ampleur attendue. Peu savoureux, peu aromatique, sauf sur les raisins vendangés avant surmaturité. Dans l'ensemble, les persistances restent moyennes.

Rive gauche. De gros degrés d'alcool assouplissent l'entrée en bouche. Parfois elle apparaît franchement visqueuse. 
Le
plus souvent quelque chose manque à ce millésime en cœur de dégustation. Un je-ne-sais-quoi, presque rien qui ferait la différence. Mais attention, mêmes perceptions générales dans le descriptif des 96 en primeur. Beaucoup de Pessac-Léognan ne présentent pas cette sensation de vide. Ils séduisent d'emblée par leurs bonnes proportions.

En finale, 2002 montre franchement sa supériorité dans le Médoc et dans les Graves comparativement à Fronsac, Pomerol et Saint-émilion aucun caractère anguleux ou végétal ne vient assombrir un toucher de bouche toujours caressant, voire gras. Il s'agit d'une perception remarquable, signe de potentialités évidentes.

Le style des vins blancs liquoreux

Pas de Botrytis bien développé à Sauternes-Barsac avant la fin septembre. Château Guiraud représentant une exception.

Issus d'un millésime sec, la plupart des vins présente donc une grande netteté aromatique et des goûts francs. Pour autant le style du millésime n'est pas botrytisé, mais plutôt passerillé (concentration par chaleur uniquement).

Les lots ven­dangés après le 19 octobre ne jouissent pas de la pureté aromatique des lots vendangés plus tôt.

Ainsi le millésime 2002 à Sauternes-Barsac se rapproche plutôt des millésimes ensoleillés mais secs, soit 1978, 1985 voire 1995, que des millésimes extrêmement typiques de l'expression de la pourriture noble tels 1986, 1989, 1990, 1996 et 1997.

d'après les CARNETSde DÉGUSTATIONS N, 39 - 40  de J.-M. QUARIN

 

(à suivre)
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